Ici, je vous inflige ce que j’ai traversé, ou ce qui me traverse
20 mai 2015

Découvertes : Les révolutions à petits pas (mais fermes) & La force de soi (ou du cosmos ?)

Hier, j’ai livré un combat un tantinet pathétique, mais fort symbolique :

J’ai chipé le légo de la statue de la liberté appartenant à mon héritier, pour l’emporter hors du domicile, lui infliger un trajet en métro, puis le poser, fièrement, modestement (mais fermement quand même) … pile en face du pot à crayons et à droite de l’ordinateur, sur mon bureau.

Ou : Comment, au beau milieu de son servage quasi consenti de cadre parisienne, protester, aux yeux de qui saura regarder … (et, à fortiori, protester au moyen d’un objet fabriqué par de vrais esclaves du  bout du monde) .

 

La semaine dernière, j’ai renoué avec la Neandertal en moi :

Je me suis promenée au bois de Vincennes, un matin normalement travaillé, dans le(s) but(s) de réfléchir / me muscler / méditer / décider. Mais, à plusieurs reprises, je me suis retrouvée prise dans une joie primaire et instinctive, aux antipodes des terrains de l’intellect, des choix, de la spiritualité ou de l’effort physique initialement envisagés :  Dame nature m’a rattrapée et transportée … plein de fois : quand l’un des cygnes délassait ses ailes en virevoltant sur l’eau … en suivant des yeux la cime d’un immense marronnier, jusqu’à son faîte … en surprenant un corbeau décoller, tout fier de lui, avec sa prise dans le bec … en respirant … en foulant l’herbe verte …

Ou : Comment, en voulant « manager » sa vie et son corps … et en pensant renouer avec soi-même, s’apercevoir que tout (et soi-même, donc) est à la fois beaucoup plus simple et beaucoup plus puissant que ce que l’on pense ….

 

Bref : Mes 40 ans m’auront, finalement, offert deux sympathiques et surprenantes découvertes :

-        Comment semer des tout petits cailloux pour s’auto-maintenir (s’auto entrainer) dans le chemin

-        Et comment s’appuyer sur le grand tout (de la nature ? du réel ?) pour se ressourcer 

newmwa

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16 avril 2014

De l’intérêt de distribuer son Canigou avec discernement

Voyons voir ce conte amérindien :

 

Un ancien cherokee enseignait la vie à ses petits-enfants ; il leur dit:

"Un combat se passe en moi. C'est un combat terrible, qui a lieu entre deux loups.

L’un des loups représente la peur, la colère, l'envie, la tristesse, le regret, l'avidité, l'arrogance, l'apitoiement, la culpabilité, le ressentiment, l’infériorité, les mensonges, le faux orgueil, la supériorité et l'ego.

L'autre représente la joie, paix, l'amour, l'espoir, le partage, la sérénité, l'humilité, la bonté, la bienveillance, l'amitié, l'empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi.

Et ce même combat se passe à l'intérieur de vous, et dans chacun d'entre nous. "

Les enfants réfléchissent pendant une minute, puis un des enfants demande à son grand-père: «Lequel va gagner? »

Le vieux Cherokee répondit simplement: «Celui que vous nourrissez ».

 

Bon, ben voilà, je sais, à présent :

J’abrite bien deux chienchiens : mon vieux poteau du passé, aux poils grisonnants et à la force certaine (nous l’appellerons « Milou », pour désacraliser), celui de l’anxiété, de la peur, de la panique et de la colère … et un jeune chiot chiwawa fraîchement arrivé, minuscule, mais déterminé et aboyant trois fois plus haut que sa taille au garrot (appelons le « Goliath », pour l’encourager), celui du restons-zen, profitons vraiment, recevons intensément et donnons sincèrement.

 

A ce stade, Milou et Goliath ne se battent pas vraiment ; simplement, Goliath, qui vient de nous rejoindre, manifeste, aussi régulièrement et autant qu’il le peut, à Milou, son envie que celui-ci lui cède enfin sa vieille niche, si solidement bâtie et si confortablement aménagée, depuis tout ce temps.

 

Perso, je ne donne des croquettes qu’à Goliath, mais Milou est plein de ressources et connait chaque planque de bouffe possible dans ce logis qu’il habite en presque maître depuis tant d’années.

 

Ceci étant, à chaque fois que Goliath a eu le peps et a insisté, les nonos qu’il m’a rapportés étaient de loin, sans comparaison aucune, bien plus beaux et et plus riches et plus brillants et plus doux et plus solides que ceux offerts par Milou.

Et, si minuscule Goliath soit-il pour l’instant, il est bien-nommé puisqu’il a réussi, à plus d’une reprise, à repousser Milou dans un coin et à squatter la niche un moment.

 

Alors, je vous le demande : Comment faire grossir son chiwawa ? Comment licencier la vieille vigie obsessionnelle qui tourne sur le toit, l’arme au poing et les jumelles vissées aux yeux ? Comment faire s’assoir sur le zafu un vieux guerrier en colère d’avoir dû trop souvent aller au front, mais voyant encore des fronts potentiels partout ?

 

En tout cas, je continue les croquettes à Goliath, je vais même essayer d’en trouver des vitaminées et je vais lui offrir un coussin perso, tiens ….

(Et puis, il faut reconnaitre que Goliath est bien plus trognon – beau que Milou.)

CourageDeDireSaPensee

 

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24 mars 2014

Billet d’humeur (ça ressemble à "un jour sans")

Voilà, aujourd’hui, c’est comme dans la chanson du fils disparu de l’humoriste

« Mais des fois

Va savoir pourquoi

Alors que tout Paris t’ouvre les bras

Tu t’retrouves cloué

Sur un pavé

Avec un sacré cœur gros comme toi

(…)

Et c‘est pas pour ça que tu aller courir dans le lit de la Seine pour y dormir

Ni même aller chialer dans les bras d’un amour perdu, tu sais même plus pourquoi 

(…)

Mais des fois, Va savoir pourquoi, Alors que tout Paris t’ouvre les bras, Tu t’retrouves collé

Sur un pavé, Avec un sacré cœur gros comme ça»

 

Aujourd’hui, allez savoir pourquoi, j’ai l’impression d’en avoir lourd sur les épaules …

Plus clairement : Je me sens comme un Power rangers à la retraite, ou comme Wonder woman en salle d’attente pour une ostéodensitométrie

A croire que toutes les années précédentes se sont donné rendez-vous sur mon dos, et que plein de ces moments fantômes qui furent les soucis, les combats, les douceurs ou même les trésors de mon passé ont décidé de se retrouver pour un pogo endiablé sur mes épaules ?

 

Je n’ai pourtant pas un âge canonique et, que je sache, ma fin n’approche pas …

Les bourgeons bourgeonnent et les piafs ont recommencé à enquiquiner tout le monde, ce matin, pourtant …

 

Alors ?

Un effet inattendu de la routine métro – boulot – intendance domestique – dodo ?

Une mauvaise conjonction Uranus – Pluton dans mon zodiaque ?

Un effet « classique » du fameux Monday ?

Un déséquilibre hormonal ?

Ouuuuuuuuuuuuu : Un truc à comprendre absolument, et mon inconscient qui le signale ??

 

Message non reçu en tout cas :

Je le reconnais, et je vous prie de m’en excuser :

Aujourd’hui, je suis d’humeur chafouine et, lasse des épisodes précédents, je ne trouve pas l’allant vers les prochains rebondissements ou vers mes semblables (que je regarde pourtant avec envie et intérêt, de là où je me trouve en ce moment) …

J’ai commencé sur le chemin du travail, en fredonnant « You’re in the army now »,

En arrivant, j’aurais bien voulu engager la conversation, mais « Bella Ciao » ne me laissait pas de répit

Ensuite, j’aurais bien souri et tendu la main, mais c’était « la Salsa du démon » qui résonnait et « chercher une vieille pour lui piquer son sac », ou plomber une tourterelle gazouillante s’avérait finalement aussi tentant que d’écouter vraiment mes prochains

 

Il y a parfois certaines nostalgies qui nous tombent dessus, comme ça

Alors, à demain, sous de meilleurs auspices, pour fêter vraiment le printemps ?

 

gnagna

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17 février 2014

Le chemin d'une vie ??

Comme le dit ce magnifique chanteur : « Hier, encore, j’avais 20 ans, (…) ignorant le passé, conjuguant au futur, je précédais de moi toute conversation, et donnais mon avis que je voulais le bon, en critiquant le monde avec désinvolture ».

C’est vrai... Qu’est-ce qu’on est fort, Qu’est-ce qu’on est sûrs, Qu’est-ce que tout est simple et … Qu’est-ce qu’on va vite en avant … Quand on a vingt ans

Pour moi, comme pour tous certainement, ça n’a évidemment pas duré

Pan ! Avec la maladie, une balle en plein vol à la fin de la vingtaine ! Fini les jupettes, les blagues provoc’, le tour du monde et toutes mes certitudes … Stop mon élan boulimique de voir, sentir et apprendre : assignation à résidence ! leçon sur la peur et sur l’indicible … le monde devient un endroit dangereux et les mots ne peuvent pas tout …

Tiens, pour fêter la trentaine, un bon syndrome post trauma de tout ça …. La certitude de devoir passer tous les jours à venir ensuite avec une bombe placée sous le siège et qui fait tic-tac, tic-tac

Bon, pour la quarantaine, une certaine forme de calme est revenu : (presque) fini la colère, à une (plus) juste distance la peur … découverte de l’intérêt (ou de la nécessité ?) d’un peu de calme dans les environs

Maintenant, je sais que rien n’est sûr … pas plus le pire, que le meilleur, d’ailleurs

Maintenant, j’entrevois que tout passe et tout finit par trouver sa place

Moins de coups de sang, moins d’engagements

Pour le mieux, côté mises en perspectives, sagesse, compréhension des choses et économie d’énergie … pour le moins bien côté punch, invulnérabilité, élan, certitudes et « bravachitude »

Probablement l’histoire bien banale de chacun d’entre nous

La preuve : il me semble que cette belle chanteuse canadienne des mid 90’s le dit :

A 20 ans, tu es persuadé que tout sera super et tu claques 5 doigts dans la main de la vie pour la saluer

Plus tard, tout en cherchant tes clopes d’une main, tu te convaincs que tout devrait correctement se passer

Ensuite, tu fais la paix avec toi et, surtout, avec le monde, en réalisant que tu n’as pas encore tout envisagé ni tout vu

Et, à terme, tu réaliseras que c’est pareil pour tous, que chacun fait du mieux qu’il peut avec le peu de maîtrise qu’il a et … tu savoures en jouant du piano d’une main … jusqu’à ce que ta main te serve à héler un taxi pour partir

Bon, perso, sur le coup d’appeler un taxi, j’en suis pas là … limite carrément pas d’accord … comme quoi, on a sûrement pendant longtemps encore un peu 20 ans après ses 20 ans ?

En tout cas, que ça soit clair : moi, je ferai ma’ dalton quand l’ostéoporose aura totalement eu raison de moi … et ça sera whisky pour soigner l’arthrite, hein ?

Même si, déjà, les pattes d’oies sont installées et que la chair cède aux lois de la gravité, pourquoi ne pas prévoir de devenir une petite mamie toute de mauve vêtue ? Avec la ‘zic à donf ?

En même temps, peut être que le monde de dans 30 ans me déroutera complètement ? (Déjà que faire partie des quelques dinosaures encore en liberté ayant conduit une diane, écouté des vinyles, et cherché partout une cabine téléphonique, est de moins en moins évident chaque jour...) Alors, le désarroi et la fatigue aidant, peut être que je tirerais tout doucement ma révérence ??

Qui vivra verra (et vice versa)

bebe-couv

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13 février 2014

Je vais mieux (mais je me surveille)

bloguejevaismieuxpaix

« Tu vois, il me reste encore une bonne droite ; mais je ne l’ai pas encore collée dans la gueule du monde entier », chantait un magnifique artiste (qu’un lourd passé n’a pendant longtemps pas réussi à empêcher de créer, jouer, danser).

…. « Enfin, pas récemment », ajouterais-je, me concernant

 

‘Faut dire que je vieillis, et peut être même que je m’assagis (s’assagir de Sophia, hein, pas de la discipline et tout et tout)

En tout cas, la guerre, c’est vrai que c’est noble, mais, au bout d’un moment, c’est moche et ça fatigue (et puis ça fait saigner, on ne le dit pas assez)

 

C’est pourquoi, dorénavant, je pense que je ne livrerai que les seules batailles auxquelles je serais absolument obligée … En espérant, surtout, ne plus jamais y être obligée

Ceci étant, c’est vrai qu’il me reste une bonne droite, quand même …

 

Puisque, comme le soulignait celui qui tua le shérif (mais pas son adjoint) : « Tu ne sais jamais à quel point tu es fort, jusqu’au jour où être fort est la seule option » … Alors, reste à chercher, de toutes ses forces et sans cesse, d’autres options

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De ceux qui ne marchent pas droit (mais en est-on bien sûrs ?)

bloguemarcheraupas

J’ai toujours eu la plus grande affection pour les dissidents... Pas seulement pour les héros furieux emportés par une conviction juste et sauvage, non, pas seulement

Non pas que Louise Michel, par exemple, ne mérite pas d’éloges, loin s’en faut

Idem pour Soljenitsyne et ses années de goulag

Mais je suis toujours profondément  touchée, aussi, par ces petites voix qui s’élèvent, doucement mais dignement … Par ces actes qui posent que, non, on n’est pas obligé de comprendre le monde tel qu’on nous le suggère ou tel qu’on nous l’a appris … Pour ceux qui ne se couchent ni de la tête ni du cœur et qui, au risque _ peut-être _ de se tromper, expérimentent une autre lecture des choses …Ceux qui proposent une voie jusqu’alors inconnue, voire insoupçonnée, du grand nombre

C’est en ça que je parle de « dissident », littéralement, celui qui se fait un pas de côté … (pas celui qui s’oppose, qu’on appelle, lui, « opposant »)

Comme le disait le fabuleux moustachu à la guitare : « la musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas » (et ‘fallait quand même une vraie acuité intellectuelle pour chanter ça dans la France d’avant 68)

Comme ce fameux groupe en permanence casqué, même pour aller chercher un trophée, qui, tout en faisant son art du mieux possible, tout en appréciant la reconnaissance des pairs, ne se sent pas contraint d’exposer son visage, ou sa vie personnelle … le tout simplement, sans volonté de provoquer, juste parce que ça leur paraît juste, pour eux comme pour leur public

Comme cette grande dame, croisée dans mon enfance, qui, bien qu’héritière d’une (très) grande famille industrielle du début du siècle, bien qu’éduquée et mariée comme il seyait à son rang, commença par divorcer d’un mari trop volage, puis cacha des juifs dans son appartement parisien, et enfin hébergea un réfugié d’un pays du moyen orient fort troublé pendant les années 80, le tout sans aucune conviction politique, mais parce qu’elle a pensé, à chaque fois, que là était vraiment la réponse à la question qui se posait à elle

Comme dans ce livre qui explique comment et pourquoi le premier hominidé a découvert le feu, au risque de choquer profondément ses congénères et aussi pour son plus grand malheur (puisqu’il a dû manger son père), mais, finalement, à notre plus grand bénéfice

C’est l’histoire du carré à neuf points : impossible de passer par tous les points en seulement 4 lignes, sans sortir du cadre formé par le carré !

Ben oui, il me semble que la vie a ça de beau (mais aussi de dur) qu’elle oblige parfois, pour répondre correctement à la situation ou pour solutionner vraiment son problème, de déclencher des réponses qui ne sont pas celles que l’on avait apprises, nous tous …

Et, même si « les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux », rester droit, rester ouvert, rester curieux et rester digne est, lorsqu’on y parvient, un vrai bonheur pour soi … parfois aussi, ça sert les autres

Donc vive la vie, à bas le prêt à penser et halte aux jugements !

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12 février 2014

Le cow-boy (plus trop sexy) au soleil couchant

bloguefinclope

Ca y est la clope, je crois que j’ai compris, enfin, ton truc

Pourtant, ça fait longtemps qu’on chemine ensemble

T’as été maligne … redoutable, même

 

Mais bon, en face, tu trouvais quelqu’un de très jeune

Et puis, avec un bon terrain, aussi : deux parents gros fumeurs, époque moins informée (ou moins informante ?)

Ensuite, ça restait assez facile pour toi : le départ tôt du foyer, beaucoup de travail, pas mal de voyages, beaucoup de fêtes... Autant d’occasions assez favorables à ton petit tissage de toile perfide

Avec le recul, je sais maintenant que ta vraie force était en fait ma naïveté : Comme tous les gens jeunes, je me suis pensée plus intelligente, plus forte que toi, au dessus de toi … et, de toute façon, invincible

Longtemps, pour moi, c’est comme si tu n’étais pas vraiment là : tu ne me gênais pas, je pensais que tu m’accordais un personnage et que tu étais indissociable des moments de plaisir et de fête, que tu n’étais qu’une vague fréquentation, dont je saurais, évidemment, me passer lorsque je me serais lassée de toi

 

Puis, c’est devenu moins cool : Tu as commencé à me faire vivre des moments pas bien grandioses, et plusieurs fois  (faire 45 min en voiture pour trouver un paquet de tes petites cochonneries … ne plus pouvoir se concentrer sans toi, ni même écouter vraiment quoi que ce soit  au-delà de 3h)

Mais, là encore, mon manque de présence à moi-même et mon manque de discernement t’ont permis de rester, encore inaperçue ou, du moins, pas encore identifiée sous ton vrai visage

 

Les années passent encore, et là, la vie me rattrape : la maladie, l’hôpital, la terreur et tout le cortège

Rien à voir avec toi, cette maladie, mais, là, fini pour moi de planer : atterrissage forcé et, finalement,  découverte aussi de l’importance d’un corps, et du prix inestimable de pouvoir se déplacer, par soi même, pour voir le soleil et écouter les petits oiseaux etcetera... Découverte de l’extrême fragilité aussi, de ce même bien si précieux

Mais là, c’était fini : t’avais fait ton nid, tu me tenais bien, bien serrée, et plus moyen de se défaire de tous ces puissants réflexes conditionnés que toi, et moi (sans le savoir ni le vouloir vraiment), avions désormais installés chez moi

 

A ce stade, tu étais maintenant de trop : je n’aime pas ton goût, ton odeur m’insupporte, et je trouve ton prix scandaleux … je ne te veux pas, mais pas moyen de te virer … ni avec toi - ni sans toi, comme dans les histoires de couple foireuses et dangereuses

Tu sais, tu te crois maligne parce que les jours passent, passent, et que tu es toujours dans mes pattes et dans ma vie

Mais chacun de ces jours qui passent est aussi, malgré tout, invariablement, un jour où je ne veux plus de toi

« Des mots », dis-tu ?

Surtout, mais pas que …

Là, j’ai tenté tout l’arsenal : Hypnose, Patchs, Consultation Tabacco, Sevrage à la dure, Tricot

« Sans succès » dis-tu, et c’est vrai

Mais chaque échec, même si il t’aide à me faire me sentir comme une pauvre petite chose à ta complète merci, ne m’ôte toujours pas cette idée que je ne veux plus de toi

 

Et maintenant, les années qui ont passé ont rajouté des enjeux, eux aussi, en ta défaveur, cette fois :

J’ai réussi, furtivement, à t’éloigner et je sais que c’est possible (reste à durer)

J’ai un bébé à faire devenir grand, sans le planter là et, même, je veux être mamie, tiens

Je ne veux pas perdre pour toi ce que j’ai découvert être aussi précieux et qui a déjà failli m’être pris

 

Surtout, tu sais, je viens de le piger, depuis peu :

Ton truc, ton ressort, c’est que tu te mets dans la faille laissée grande ouverte par les personnes comme moi … ceux qui essaient de tenir le monde à (bonne) distance leur personne … ceux qui ont peur, ou pas (assez) foi dans le bonheur … ceux qui n’imaginent pas que le bonheur ne va peut être pas se gagner aux poings contre le monde entier, mais que peut être il se laisse tout simplement (ad)venir … ceux qui ont besoin de se replier sur eux, souvent, dans la journée …

Ta force, avec moi, ces dernières années, n’a été que de profiter de mes doutes et de mon manque de calme... bref, de tout ce qui faisait que je n’étais pas  à 100% du temps 100% sûre de vouloir à 100%  être là, au monde

 

Alors voilà, sache le, j’ai trouvé, j’ai mis le temps, mais je le tiens : Ta force n’a jamais été que ma seule naïveté, puis mes tâtonnements dans mon rapport au monde et à la vie ; elle n’existe pas en soi, cette force, elle n’est jamais que l’espace et les occasions que je laissais, en fait.

Et, si tout se passe selon mes vœux

Et si mes nouvelles façons de penser et d’agir prennent corps

Même si je n’arriverai certainement pas à tous ces 100% réunis

Du moment que je garde le cap vers un %age honorable sur l’essentiel des rubriques,

Alors tchao pantin

Et :

Ce n’est pas toi qui rigoleras sur ma tombe

Mais bien moi qui irais cracher sur la tienne

Posté par monkaleidoscope à 23:05 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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