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J’ai toujours eu la plus grande affection pour les dissidents... Pas seulement pour les héros furieux emportés par une conviction juste et sauvage, non, pas seulement

Non pas que Louise Michel, par exemple, ne mérite pas d’éloges, loin s’en faut

Idem pour Soljenitsyne et ses années de goulag

Mais je suis toujours profondément  touchée, aussi, par ces petites voix qui s’élèvent, doucement mais dignement … Par ces actes qui posent que, non, on n’est pas obligé de comprendre le monde tel qu’on nous le suggère ou tel qu’on nous l’a appris … Pour ceux qui ne se couchent ni de la tête ni du cœur et qui, au risque _ peut-être _ de se tromper, expérimentent une autre lecture des choses …Ceux qui proposent une voie jusqu’alors inconnue, voire insoupçonnée, du grand nombre

C’est en ça que je parle de « dissident », littéralement, celui qui se fait un pas de côté … (pas celui qui s’oppose, qu’on appelle, lui, « opposant »)

Comme le disait le fabuleux moustachu à la guitare : « la musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas » (et ‘fallait quand même une vraie acuité intellectuelle pour chanter ça dans la France d’avant 68)

Comme ce fameux groupe en permanence casqué, même pour aller chercher un trophée, qui, tout en faisant son art du mieux possible, tout en appréciant la reconnaissance des pairs, ne se sent pas contraint d’exposer son visage, ou sa vie personnelle … le tout simplement, sans volonté de provoquer, juste parce que ça leur paraît juste, pour eux comme pour leur public

Comme cette grande dame, croisée dans mon enfance, qui, bien qu’héritière d’une (très) grande famille industrielle du début du siècle, bien qu’éduquée et mariée comme il seyait à son rang, commença par divorcer d’un mari trop volage, puis cacha des juifs dans son appartement parisien, et enfin hébergea un réfugié d’un pays du moyen orient fort troublé pendant les années 80, le tout sans aucune conviction politique, mais parce qu’elle a pensé, à chaque fois, que là était vraiment la réponse à la question qui se posait à elle

Comme dans ce livre qui explique comment et pourquoi le premier hominidé a découvert le feu, au risque de choquer profondément ses congénères et aussi pour son plus grand malheur (puisqu’il a dû manger son père), mais, finalement, à notre plus grand bénéfice

C’est l’histoire du carré à neuf points : impossible de passer par tous les points en seulement 4 lignes, sans sortir du cadre formé par le carré !

Ben oui, il me semble que la vie a ça de beau (mais aussi de dur) qu’elle oblige parfois, pour répondre correctement à la situation ou pour solutionner vraiment son problème, de déclencher des réponses qui ne sont pas celles que l’on avait apprises, nous tous …

Et, même si « les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux », rester droit, rester ouvert, rester curieux et rester digne est, lorsqu’on y parvient, un vrai bonheur pour soi … parfois aussi, ça sert les autres

Donc vive la vie, à bas le prêt à penser et halte aux jugements !