Ou : « Mais que diable donc a-t-il voulu me dire ? »

(Et : « tiens-je absolument, là, maintenant, à le savoir ? »)

 

Il m’a plaquée …. Comme ça, sans avertissement, après presque 15 ans passés avec moi, à mon bras, ou dans mon sac :

 

Ce porte clé en turquoise et argent venait d’un pays qui m’a été cher, vraiment très cher …

Parce que ce pays m’a touchée, de par ses paysages...

Parce que tous les gens qui y vivaient m’ont parlé ou intéressée …

Parce que ce fut le lieu où, à un moment de ma vie, j’ai trouvé logique, enthousiasmant, évident et nécessaire, de re faire ma vie (qui n’avait fait, pourtant, que commencer) …

Il était à la fois mon « chez moi » et tout le champ du possible … il était à la fois l’ailleurs, l’autrement et mon moi profond, véritable …il était ma juste place et mon bonheur …

 

Pas chien, quand la vie a violemment frappé d’interdit le rêve, le soleil, l’autre ou les ailleurs, voire remis en cause mon existence – même, il est resté dans mes mains, sur mes clés, dans mon sac … Il était là quand tout a explosé …

Là aussi, quand j’errais dans le champ de ruines …

Là encore, quand, plus tard, dans un autre pays, qui n’avait rien à voir avec le mien ni avec le sien, j’essayais de recommencer, autrement …

Là, toujours, quand « ma nouvelle vie », à résidence, mais différente et acceptable, démarrait, puis s’installait petit à petit

 

Oh, bien sûr, il avait perdu une ou deux breloques, dans les moments difficiles, mais il était là et bien là, chaque jour, fidèle, constant et obstiné

 

Jusqu’à ce que, PAF : chute, choc, explosion en morceaux et de la turquoise et des pièces d’argent … Décès immédiat, annihilation soudaine et totale …  TER-MI-NE

Sayonara, Good bye, Ciao, Basta … comme ça, sans prévenir

 

Pourquoi ?

 

À cause de mes 40 ans ?

 

Parce que c’en est fini, à tout jamais, des évasions, des rêves, du re-battage auto proclamé de mon jeu de cartes, des envols et de l’affirmation de soi ?  

 

Ou bien, au contraire, parce que, ça y est, maintenant, sache bien, ma petite, que tu n’es plus et ne seras jamais plus la même personne qu’à tes 30 ans …et, surtout, réalise que, finalement, c’est bien, comme ça : trouve enfin le calme et la paix dans ce que tu as ; sache que tu as gagné la guerre, ou, à défaut, que tu as refait un truc censé et cosy avec les ruines … que tu as fait de ton mieux et que, désormais, ton enjeu, c’est de profiter de cette nouvelle installation ?

 

Le message n’est pas clair … et je me suis trouvée tout aussi catastrophée et chagrinée de cet adieu forcé à mon possible – rêvé d’avant, que jubilante et libérée de cet avant, justement

deuil